Ces suites sans fin.

Salut c’est l’Architect !

Le passé, il parait que c’est une source de sagesse. Un adage assez connu dit qu’il ne faut pas reproduire les erreurs de nos aïeux. Mais les bonnes choses, on en fait quoi ? Marvel, Disney, Lucas Art, DC Comics, tant de productions qui, fortes de leurs réussites passées, utilisent les œuvres qui ont autrefois fait leur renommée pour conserver une place importante dans la société moderne.

Alors on pourra dire qu’ils ne font preuve d’aucune innovation ni d’imagination, que leurs films ne sont que des remixes de ce qu’ils ont fait avant… et je serais d’accord avec cette analyse, néanmoins il faut reconnaître que ces productions, bien qu’aseptisées et éculées, ont des qualités que beaucoup de nouvelles franchises n’ont pas. Bien évidement quand on parle de cinéma, il y existe plusieurs écoles : ceux qui considèrent que les seuls vrais cinéastes sont de vieux bolcheviques à la moustache pendante, ceux qui pensent qu’Hollywood est source de toutes les sagesses, et ceux qui pensent que, dans toute les productions, on peut trouver un petit quelque chose, parfois une simple ligne de dialogue, parfois juste le jeu d’un acteur, un bout de scénario, une bande originale, bref, une pièce, un artefact, qui donne au film sa raison d’être.

Si je prends le temps ici de vous parler du passé et du cinéma, c’est qu’un débat houleux a vu le jour il y a quelques années maintenant… L’une de ses principales interrogations était de considérer (ou non) que, si l’on veut être cinéphile, il ne faut pas aimer Hollywood et ses paillettes, laisser cela à ceux qui n’ont pas conscience que ce cinéma les manipule. Mais comme vous avez déjà pu le voir dans mon billet précédent sur Mars One, je ne suis pas le genre de personne à penser que quelque chose est soit tout bon, soit tout mauvais. Et pour moi le cinéma dit « déviant » à tout autant d’importance que le cinéma que je qualifierais d’hollywoodien. Après cette longue introduction, mélange de prise de position et de définition du paysage cinématographique de ces dernières années, il est temps d’attaquer ce pour quoi vous êtes là.

En effet, nous avons, en cours, parlé du fait que le cinéma ne s’invente plus, que pour certains, tout a déjà été fait. On reproche notamment aux studios de nous diffuser un Iron Man 3, un James Bond 24 ou un Star Wars 7. Mais pour moi ces œuvres sont empruntes de tellement de ce que Benjamin appellerait « aura », qu’elles doivent continuer à vivre, et à évoluer avec leurs temps. L’un de mes meilleur souvenir d’enfance est de regarder la totalité des James Bond avec mon père, d’en voir son évolution au fils des ans, de savoir que lui aussi a commencé à regarder les James Bond avec son père… Ainsi, les séries de films que certains jugent comme trop longues et n’existant que pour l’argent, jouent aussi un rôle important dans la socialisation, dans l’éducation. Mais plus qu’une perspective sociale, ce que je veux expliquer aujourd’hui c’est que, sous le côté parfois raté de certaines de ces productions, ou tout du moins décevant, on peut trouver des films exceptionnels, inspirés des Comics de nos grands-parents, comme le très bon The Watchmen, dont je suis d’ailleurs en train d’écouter la bande original en ce moment même, et qui nous montrent l’importance du passé dans la culture d’aujourd’hui.

Et tout comme l’homme descend du singe, tous comme les effets spéciaux n’auraient jamais été les mêmes sans Méliès, il ne faut pas oublier son héritage, il ne faut pas oublier ce qui nous a fait. Et pour moi, des films comme James Bond, Star Wars, des musiques comme Unforgettable de Nat King Cole, ou les Comics de Stan Lee, sont autant de pilier qui font notre culture d’aujourd’hui et qu’il ne faut pas négliger. Bien évidemment, ces franchises s’appuient sur ce qui fait le succès des films modernes, et la colère des cinéphiles, c’est à dire un Manichéisme à toute épreuve, un Patriotisme et un Américanisme importants, des valeurs qui sentent bon le réchauffé… Mais ces valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui, ces valeurs qui ont, malgré tout, leurs défauts sont un héritage de nos ancêtres, nous devons non pas les repousser, mais les façonner pour en transmettre notre propre version aux générations futures. Ainsi ces films, que je garde toujours comme fils conducteur à mes digressions, ne sont en fait qu’un moyen, pratique et efficace, de continuer a transmettre aux suivants le flambeau. Car comme j’ai regardé les premiers Star Wars avec mon père, mes enfants regarderont sûrement les 10, 11 et 12 avec moi, et même si j’espère secrètement que, comme moi, ils préféreront les vieux, ces films seront avant tout un moyen de transmettre ce que mes parents m’ont transmis.

Pour conclure, je dirais qu’il ne faut pas rejeter un film, une œuvre car elle est la suite d’une suite, qu’il ne faut pas s’arrêter au fait qu’une franchise date de plusieurs dizaines d’années et qu’elles soit toujours rentables pour la blâmer. Bien évidemment cela n’enlève pas que les films peuvent être mauvais, avoir un mauvais scénario, ou même transmettre un message que l’on juge ridicule, comme un Captain America et son patriotisme suintant. Mais ces films sont, et pour conclure j’utiliserai le mot anglais qui pour moi, prend encore plus d’ampleur que le français, notre « Legacy ».

The Architect

3 réponses à “Ces suites sans fin.”

  1. The Prof dit :

    Très belle réflexion. Et il est très juste de penser que le cinéma hollywoodien constitue un objet d’analyse tout aussi important que le cinéma d’auteur…

  2. Media dit :

    J’apprécie tout particulièrement la conclusion que tu donnes à ta réflexion : il est bien entendu facile de critiquer les suites en tout genre qui sont désormais monnaie courante au cinéma, mais ce n’est pas parce que c’est une suite que le film manque d’intérêt ou encore d’atouts, ils sont, comme tu le dis, « notre Legacy ». De plus, chacun a sa propre réception face à un film donc au fond tout ceci relève d’une appréciation purement personnelle. Merci The Architect !

Rètroliens / Pings

  1. Entrée 4 : Le cas délicat des suites | Le pyjama du chat - 5 février 2014

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